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Marché immobilier : une reprise sous conditions

Publiée le 30/05/2020

 

Paralysé depuis la mi-mars et vivant au rythme de la crise sanitaire, l’Immobilier s’est plutôt bien réveillé de sa mise en sommeil forcé. Outre transactions en cours, pour la plupart menées à terme pendant le confinement, celui-ci ne semble pas avoir impacté les projets. D’autres même, se sont sans doute affermis, portés par de nouvelles envies : une terrasse voire une maison avec jardin, ou une pièce supplémentaire pour bénéficier d’un véritable espace de travail.

Ajoutons à cela la vertu cardinale de l’immobilier, valeur refuge toujours plébiscitée en des temps incertains, un investissement sur l’avenir qui prépare la retraite.

Bref, l’appétit des Français pour l’Immobilier ne se dément pas. Pourtant dans le ciel post confinement, quelques nuages apparaissent.

Les taux d’intérêts remontent

Il n’y a pas si longtemps encore, on parlait d’argent « négatif ». Avec des taux d’intérêts d’emprunt largement passés sous la barre des 1% pour les très bons dossiers, emprunter équivalait à gagner de l’argent. Tout cela semble loin aujourd’hui. Car depuis plusieurs semaines, les taux d’intérêts remontent. Et ont même subi une augmentation notable de 6,8% entre les mois d’avril (1,18%) et mai (1,25%) en moyenne et toutes durées confondues. Un scénario qui ne s’était pas vu depuis deux ans et intervient alors que les revenus des ménages français ont été impacté par la crise sanitaire dans un contexte où les prix de l’immobilier même s’ils tendent à ne plus augmenter, n’ont pas baissé pour autant.

 

Des banques plus dures et plus frileuses

Leur rôle est essentiel dans la reprise. Car pour nombre de ménages, sans financement, pas d’acquisition possible.

Encore généreux et réactifs à la fin de l’année dernière, les établissements financiers qui avaient débuté 2020 de manière plus prudente, confirment le retour à une forme de sévérité. Et prennent leur temps pour analyser les dossiers de fond en comble, se refusant, sauf cas exceptionnels, à tout dépassement de la barre des 33% de taux d’endettement. Résultat : près d’un acquéreur sur deux serait aujourd’hui dans l’expectative. Charge à eux d’augmenter leur apport ou de revoir leur projet à la baisse pour rentrer dans les cases.

Scrutant les conséquences économiques de la crise sanitaire, les banques anticipent d’éventuelles difficultés à venir pouvant entraîner des impayés de crédit.

Reste que certaines d’entre elles, voulant rester compétitives, adouciront sans doute leurs positions, du moins en faveur des dossiers les plus prometteurs…. Une ligne qu’il conviendra de suivre de près car elle pourrait sérieusement influer sur l’élan des ménages envers l’immobilier.

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